Vous avez déjà tous connu des moments durant lesquels vous avez un instant de lucidité. C’est ce qui m’est arrivé il y a peu lors de discussions avec des amies. Avoir peur d’être heureux, ou le moyen de se protéger de toutes désillusions est un mécanisme que j’ai mis en place il y a de cela déjà plusieurs années.

Je pourrais m’étaler de long et en large sur le sujet, je ne vais pas le faire, juste donner le plus important dans ces quelques lignes.

La peur de l’échec. C’est surtout de cela qui régit le mécanisme d’auto-protection que j’ai mis en place. De ce mécanisme, découle toute une série de process: taux de réussite de la tâche prévue, réception de la partie en face, risques de refus, etc etc. On pourrait se dire que je suis analytique voir manipulateur d’un point de vue extérieur. Mais il n’en est rien. Se sont des données qui sont analysées afin de voir si l’action voulue est bénéfique ou comporte trop de risques.

Pour vous la faire simple tout ce que je ne peux maîtriser sera analysé, décortiqué puis résumé avec des pours et des contres. Le tout est fait en quelques secondes et est automatisé. Ceci est handicapant au jour le jour. Car ce procédé enlève toutes possibilités de se faire surprendre que ce soit en bien ou en mal. En somme, c’est vivre dans un monde lisse, sans vagues ou si peu.

La peur d’être heureux est donc au final la peur de perdre pied, un besoin de contrôler tout ce qui m’entoure dans l’immédiat ou un peu moins. Un imprévu qui arrive sera très vite devenu un élément cadré qui deviendra banal donc inoffensif.

L’exception est par contre les situations amoureuses. Car là, un système d’auto-défense s’enclenche afin de faire fuir la personne en question. Et là est le problème. Car se protégé a du bon, mais faire fuir tout élément qui est susceptible d’amener le bonheur, ou du moins s’en approche de trop près, se verra automatiquement écarté, éliminé voir éradiquer au profit d’une stabilité dans la vie de tous les jours.

Vivre de cette manière est digne d’une vie monastique et cela commence à me peser. Car oui, j’ai envie de trouver un être capable de m’aimer avec mes qualités et mes défauts. Mais cela n’arrivera pas tant que je fonctionne de la sorte. Je sais très bien qu’un jour je trouverai sans doute ce que la majorité appelle: sa moitié. Mais d’ici là, faut-il que je continue cette vie? Et est-ce une vie au final?

ps: Ne vous fier pas au ton alarmiste: je vais bien et suis stable. Ni triste, ni heureux.


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