Le début de la guérison était en vue….. enfin, c’est ce que ce que je croyais. Car l’état second dans lequel je me trouvais ne me faisait pas prendre en compte toutes les informations que le psychiatre me donnait.

Entre les prises de médicaments, les horaires imposés, les autres patients, les crises, les moments de doutes et l’envie grandissante de partir je dois bien le dire, les choses n’étaient pas simple à gérer. De mes 52kg je suis passé à presque 100kg sur un an. Un écart énorme mais que je n’ai ressenti qu’au moment de devoir attacher mes chaussures et l’impression d’étouffer. Et entre deux?

Entre deux, il y eu divers états. Entre crises, cris, fracas, moments d’isolation bref, j’ai sans doute fait le tour complet de ce que pouvait donner cette maladie. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait, pourquoi tout le monde était si inquiet… Avec le recul, je dois bien le dire, j’aurais aussi été en mode panique.

Tout d’abord, il faut savoir que lorsque l’on est enfermé dans ce monde hospitalier, il n’est pas simple de se rendre compte de ce qui est bien ou pas, et surtout de si on va bien. Car on voit d’autres malades, plus touchés, plus fragiles que soit et de ce simple fait, on a l’impression étrange d’être au top.
C’est lorsque l’on parle avec les autres, venus de l’extérieur, que l’on se rend vite compte du décalage. Les mots utilisés sont autres, les expressions sembles plus « naturelles » et puis il y a ce décalage entre ce que l’on a comme nouvelles et ce qui se passe réellement en dehors.

Qui dit Unité de psychiatrie, dit de ce fait tris des informations aux résidents. Cela est normal si l’on veut garder le calme et surtout empêcher toute crises dues à des éléments extérieurs anxiogènes. De par le fait que c’est un hôpital, les visites ne vont pas non plus tout dire afin de ne pas heurter ou déclencher un nouvel état d’angoisse au visité.
Ceci bloque certaines informations qui pourraient être trop difficiles à gérées et ralentir la guérison, ou du moins la stabilisation, des patients.

 

Tout ceci me semble normal maintenant et avec le recul. Mais sur le moment, je ne comprenais pas. Je ne comprenais de toute manière pas grand chose. La médication me donnait la fringale, me fatiguait comme jamais de ma vie et me coupait des sensations corporelle. Il m’arrivait de ce fait de me « scarifier » pour être sur de ressentir encore quelque chose. De plus, entre l’impression d’avoir une camisole de force chimique, les divers effets secondaires, j’avais de plus, comme tout adolescent, cette envie de défier l’autorité.

J’étais donc très souvent en colère, une colère bouillonnante mais réfrénée et surtout amoindrie par la médication. Il me restait donc la provocation. J’ai du en faire voir de toutes les couleurs à un peu tout le monde. Je me souviens uniquement des événements de fin d’hospitalisation. Et 2-3 épisodes entre deux. Un peu comme si je revoyais le tout à travers d’épais nuages de fumés qui ne montre que certains passages de tout cela.

Le pire dans tout cela, a été de me rendre compte de mon état, de savoir exactement ce qui se passait sans en avoir le contrôle, une perte de cette maitrise que l’on a tous de notre manière d’être. Il est vrai que l’impression d’être contrôlé de l’extérieur, un peu comme une voiture télécommandée, était présente par moment. Mais c’était moi qui commandait, en regardant le tout de loin, comme étant hors du corps. Il a eu aussi les moments calmes, au soleil, sur la terrasse à fumer avec les autres résidents. Les moments d’angoisses inexpliqués face à un changement minime de lumière. Une envie de fuite qui s’est traduite par le court-circuit-age du panneau de contrôle de la porte de l’unité hospitalière qui a permis à 2-3 patients de sortir.
Tout ceci est là, quelque part dans mon cerveau un peu comme une image que l’on regarde au travers d’un brouillard sans trop arrivé à remettre les cartes dans l’ordre. Juste des images qui jaillissent et disparaissent. Il y eu aussi les premiers émois véritables et moins, la découverte de mon homosexualité et d’autres événements.

Au travers de tout ceci, tous contacts que j’avais pu avoir avant mon arrivée dans cette établissement ont été coupés. Non pas par envie, mais par la brutalité de la maladie, du moment également. Car en plein apprentissage. Partir de ce fait du jour au lendemain ou presque force à couper les ponts. Et puis il faut bien le dire, quel jeune en pleine formation a le temps d’aller voir un camarade à l’hôpital? Qui en a envie? Pour lui dire quoi? Et surtout dans quel état sera-t-il? Cette perte de contact a été la chose la plus difficile à vivre, mais comprise très vite en me voyant dans la glace de la réalité.

Malgré tout cela, je n’ai jamais perdu l’espoir d’aller mieux et retrouver la lucidité. Être à nouveau « normal ». Cette envie de simplement reprendre les rennes de ma vie et ne pas avoir à rester au crochet d’institutions gérant pour moi ma vie ne m’a jamais quittée.

Voici donc un aperçu de mes séjours en unité psychiatrique. Car j’en ai vécu plusieurs, parfois court, d’autres longs. Cela dépendait de mon état mais aussi de celui de ma famille. Chaque retour donnait en somme droit à un nouveau stress et pouvait de ce simple fait me ramener vers ma seconde maison.
Afin de ne plus multiplier les aller-retours et me sortir de ce cercle vicieux, une solution a été trouvée….

Quand on voit la fin du tunnel – La prochaine chronique changera de nom et parlera de la stabilisation et reprise d’un cour de vie plus « normalisé ». En attendant, n’hésites pas à réagir, poser tes questions en commentaires. J’y répondrai avec plaisir.

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