Aaaah, l’enfance. Quand on y pense, on se détend et l’on ressent notre corps s’alléger. On oublie nos soucis, pour partir dans ce monde que l’on idéalise bien souvent. Mais cet état n’est pas là pour tout le monde. En effet, certain d’entre nous se crisperont, verront leur visage se déformer sous l’effet d’une douleur encore présente. Tout dépend si notre enfance fût ou non heureuse.

Parfois, il est difficile de savoir dans quelle catégorie mettre cet instant de vie; heureux ou malheureux? Quand cela arrive, c’est souvent dût à un souvenir désagréable, qui arrivait par moment, mais n’était pas présent tout au long de la journée. Un peu comme une ombre au tableau de l’enfance que l’on a du mal d’accepter.

C’est de cette manière que je me rappelle de mon enfance. A la fois joyeuse et sombre. Pas triste, mais dédoublée, un peu comme si il y avait moi et un autre moi. Maintenant, étant adulte, je pourrais comparé cela entre un état sobre et un autre ivre mort. Ces sensations que l’on perçoit, les sons venant de loin, les images qui bougent trop vite, le temps qui file ou au contraire va lentement, sont assez semblables à ce que je ressentais étant enfant, par moment ceci sans substances ou autre. Juste en respirant, comme tout le monde.

Ces sensations, n’étaient pas toujours présentes, loin s’en faut. Durant mon enfance, entre mes 1 an et mes 9 ans, ces moments de « déconnexion » étaient assez sporadiques, sans trop d’effets sur ma perception du monde et mes actes. A coté de cela, j’avais la chance d’apprendre vite, sans efforts conséquents mes leçons et autres règles étranges que l’on veut nous faire apprendre de force lors de la scolarité.

Dès ma fin de scolarité primaire, il m’a été de plus en plus difficile de me concentrer, traiter un sujet sans devoir l’ apprendre 2 fois. 1 fois pour un état, et une autre pour l’autre état car les deux ne communiquait pas ce qu’ils avaient appris. En somme, j’étais « divisé » en deux personnalité dans le même corps, presque au final 2 âmes dans un corps. Cette manière d’apprentissage était fatigante, pesante et l’est devenu de plus en plus au fil des années. Bien que j’ai réussi tous mon parcours scolaire sans trop de « difficultés » vue de l’extérieur, il m’a fallu m’accrocher, me rendre « normal » ou du moins le plus possible afin de ne pas éveiller les soupçons.

Un sourire par-ci, un autre par là, un masque un jour et d’autres un autre afin de ne pas montrer mon angoisse grandissante face à ces changements de plus en plus fréquents. Il faut s’imaginer que ces états changeaient hors de mon contrôle. Les signes étaient les suivants: déconnexion du monde qui m’entourait, sensations physiques qui changeaient (odorat, touché, vue, goût, ouïe). Ceci me rendait moins ouvert aux autres et quelque peu recroquevillé dans mon monde.
On m’a souvent mis l’étiquette d’élève « rêveur » voir « déconnecté » sans que cela n’éveille plus les soupçons ou inquiétudes. Apparemment c’était « normal » pour beaucoup de professeurs, inquiétant par contre pour ma première année de scolarité obligatoire.

Il y a 20 ans en arrière, la psychologie et autres formes de thérapies n’étaient pas aussi développées qu’aujourd’hui et de ce fait, un élève difficile ou hors réalité n’était pas considéré autrement que comme un « ovni ». Personne ne connaissait ou n’avait la formation pour reconnaitre un problème psy d’un élève et même la psychiatrie ne pensait pas trop que les enfants puissent souffrir de problèmes, la faute étant toujours celle des parents.

Et la suite? Au prochain épisode!
Des questions? Réactions? N’hésites pas à commenter cette chronique!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Entrer votre commentaire!
Veuillez introduire votre nom